Parc naturel régional du Haut-Languedoc : où aller et que faire

Parc naturel régional du Haut-Languedoc : où aller et que faire

Parc naturel régional du Haut-Languedoc : où aller et que faire

Christian Ferrer, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Avec tant d’endroits charmants parmi lesquels choisir dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc (et une nouvelle petite amie à impressionner), j’ai fini par dégainer ma technique infaillible, éprouvée et garantie, « ne regarde pas, pointe au hasard ».

« Ça a l’air superbe — allons là-bas. »

« Là-bas ? Tu ne vois même pas où c’est. Essaie d’ouvrir les yeux. »

Et voilà comment notre première escale s’est retrouvée être Tarassac, un petit hameau blotti au pied des gorges d’Héric, à seulement quarante minutes de Béziers — un choix absolument inspiré, puisque Marie-la-petite-amie s’est très vite transformée en Marie-la-future-madame.

Béziers, Narbonne, Carcassonne, Albi et Montpellier… le parc naturel régional du Haut-Languedoc se trouve au cœur d’un large anneau de villes historiques, à cheval sur les départements de l’Hérault et du Tarn. Ce qui en fait le point de départ idéal pour combiner un séjour nature avec une visite de la cité médiévale fortifiée de Carcassonne ou de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, ce chef-d’œuvre du gothique méridional qui ne manque jamais d’impressionner.

Comme ma future épouse — très confiante, il faut le dire — et moi allions bientôt le découvrir, le parc est un pays de plateaux battus par les vents, de crêtes rocheuses et de forêts de chênes, de châtaigniers et de pins. Le village d’Olargues est l’un des incontournables pour la plupart des visiteurs, tandis que le minuscule Castanet-le-Haut, accroché aux contreforts méditerranéens, est encore plus spectaculaire.

Mais nous avons choisi une autre voie — au sens propre.

Enfin… j’ai choisi une autre voie : combien de moyens de transport différents pouvions-nous caser dans notre long week-end d’été dans ce petit coin qui frôle la perfection ?

Un bus local (vérifiez bien qu’il circule hors saison !) nous a déposés à Mons-la-Trivalle, à deux pas de Tarassac, sous l’ombre du massif du Caroux. L’auto-stop fait quasiment partie des transports publics dans le coin, ai-je expliqué à Marie tandis que nous partions à pied en direction de Tarassac.

Enfin… en direction opposée à Tarassac, comme nous allions le comprendre à nos dépens. Heureusement, une âme charitable — qui a sans doute compris que j’étais en très mauvaise posture — a eu pitié de nous et nous a conduits jusqu’au village : « le spot numéro un en France pour le kayak ».

Kayakistes

Photo by Laurene Gicquel on Unsplash

Heureusement, car nous allions consacrer le reste de la journée à pagayer les quinze kilomètres de rivière entre Tarassac et Roquebrun.

« Savoir nager est obligatoire », prévenait le panneau tandis que nous nous installions dans nos kayaks pour cinq heures de plaisir.

« Rien sur le fait de savoir naviguer, tu remarqueras… » répliqua Marie, imperturbable.

En réalité, aucun risque de se perdre sur l’Orb. La rivière ne connaît qu’un seul sens depuis Tarassac, dévalant un patchwork de rapides tandis que vous slalomez entre des rochers à moitié immergés. Puis, d’un seul méandre, le décor change de façon saisissante ; on en ferait presque un double-take tant l’Orb vous transporte dans un autre monde : un bassin calme comme un étang, où la surface lisse comme un miroir reflète les arbres au-dessus. Le silence est hypnotisant (et délicieusement romantique aussi) : seulement le splish splash des pagaies et le doux zzzz zzzz zzzz des cigales.

Vue de Roquebrun depuis l'Orb Christian Ferrer, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

« Roquebrun, » annonçai-je à Marie tandis que nos kayaks glissaient vers la berge, « c’est le « Petit Nice » de l’Hérault. »

« Ah oui ? Et pourquoi donc ? »

Aucune idée. Mais alors vraiment aucune. Je l’avais simplement lu quelque part et ça sonnait bien. Il était temps de changer de sujet.

« Allons nous baigner ! »

La natation est-elle une forme de transport ? C’est en tout cas l’impression que l’on a lorsqu’on se laisse porter par l’Orb au pied des coteaux en terrasses de Roquebrun. Avec ses cascades, ses seuils et ses zones plus calmes (idéales pour les enfants), la rivière est le cadre rêvé pour se délasser après une séance de kayak. Et bien sûr, il n’existe pas de moyen de déplacement plus écologique que la baignade en eau libre — surtout si vous combinez votre plongeon avec l’un des bus verts reliant le village à Béziers.

Marie et moi étions d’accord — trop cool, non ? — pour dire que quelque génie de l’office de tourisme local devrait promouvoir l’Orb, qui s’étend sur près de 150 km, comme la « Dordogne du Languedoc… sans la foule. »

Ma future épouse et moi sommes tombés amoureux à Roquebrun. Oups — nous sommes tombés amoureux de Roquebrun ; c’est ce genre d’endroit. Le village bénéficie de son propre microclimat, où orangers, mimosas et arbustes méditerranéens prospèrent — « d’où son surnom », a fait remarquer Marie, toujours aussi pertinente. Et à une dizaine de kilomètres à l’ouest, dans le minuscule village de Berlou (211 habitants… même si, l’une des habitantes étant enceinte, on devrait être à 212 maintenant !), nous sommes tombés sur Le Faitout, un restaurant familial aux murs de pierre où nous avons mangé sur la terrasse ombragée, entourés de pots de fleurs colorés et des paysages baignés de lumière.

Autour de Roquebrun, on profite d’un magnifique mélange de vallées fluviales et de vignobles en terrasses, mais en montant vers les montagnes du Caroux et de l’Espinouse, le paysage devient plus sauvage et plus boisé. Suivez nos pas et vous aurez l’impression de quitter le sud de la France pour vous rapprocher du Massif central. Et c’était précisément notre intention : aller chercher un peu de fraîcheur dans les collines autour de Le Soulié, un village de montagne d’une grande modestie entouré de lacs et de forêts, à environ 1 000 m d’altitude.

C’est à ce moment-là que Trott’in Forest, sous la direction posée de Julien, est entré en scène. Il nous a tendu les casques obligatoires et m’a lancé un regard qui disait clairement : « Ton genre, je connais », tout en glissant très délibérément le téléphone équipé du GPS dans la main de Marie. « Impossible de vous perdre. » On ne parle pas beaucoup, par ici, mais chaque mot fait mouche.

Bref, oubliez les trottinettes de location toutes frêles qu’on enjambe à Paris ou Marseille. Cette trottinette électrique-là, cette bête, c’est du sérieux. Elle est armée d’un cadre ultra-robuste, de GROSSES roues et de pneus bien larges, le tout propulsé par deux moteurs électriques. En somme, une machine haut de gamme taillée pour les terrains difficiles, des pistes en terre aux sentiers de montagne, avec assez de puissance de freinage pour vous laisser savourer les panoramas sur la vallée de l’Orb en traversant la dense forêt du Somail.

Qu’est-ce que ça fait, une trottinette électrique ? J’ai vu quelque part qu’on la décrivait comme un mélange de VTT, de snowboard et de VTT ordinaire ». C’est vif, stable et étonnamment silencieux — et merveilleusement écolo.

Mais ça, c’était l’aventure de la veille. Aujourd’hui, sur de « vrais » vélos de route, nous sommes partis relever notre dernier défi : la Passa Païs. Personne en dehors de la région ne semble connaître cet itinéraire doux de 80 km aménagé sur une ancienne voie ferrée. Nous avons pédalé sans le moindre souci le long du tronçon isolé entre Le Soulié et Rosis, Marie un peu plus déçue que moi de ne croiser aucun des célèbres mouflons sauvages du coin — charmants, disait-elle, mais cornus.

Cycliste

Photo by Markus Spiske on Unsplash

Nous avons terminé notre long week-end par un dîner à la ferme et une nuit à la Ferme Auberge de Douch, où Nathalie nous a accueillis avec une chaleur toute particulière. Et c’est là que nous avons enfin aperçu un mouflon — à la Maison du Mouflon, qui abrite des expositions éphémères, une épicerie du terroir et un café. Pas tout à fait la rencontre sauvage espérée… mais suffisamment pour faire sourire Marie.

Avec le recul, la partie la plus dangereuse du voyage n’était ni les mouflons ni les rapides — c’était Marie qui me faisait confiance pour choisir la destination et me laissait naviguer (parfois). Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’elle a découvert que je ne sais pas conduire : nos quatre modes de transport relevaient d'une couverture désespérée… qui s’est transformée en l’une des aventures les plus romantiques et exaltantes qui soient.

Nous sommes tombés amoureux de ces recoins cachés du magnifique Parc naturel régional du Haut-Languedoc. 

Et nul doute que vous le serez aussi.

D

David Winter

Expert local