Une journée d'été à Saint-Guilhem-le-Désert dans l'Hérault

Village médiéval UNESCO, abbaye de Gellone et baignade au Pont du Diable : escapade d'été dans les gorges de l'Hérault

Une journée d'été à Saint-Guilhem-le-Désert dans l'Hérault

Nous sommes parvenus au petit village de Saint-Guilhem-le-Désert aux alentours de 10h. L'arrivée est toujours impressionnante, presque intimidante, surtout lorsqu'on fait le chemin en bus en passant par le célèbre Pont du Diable. Les falaises calcaires qui bordent la vallée de l'Hérault semblent littéralement nous tomber dessus. On se sent tout petit face à cette nature brute, mélange de roche blanche et de garrigue odorante qui grille au soleil.

Après plusieurs tournants en épingle qui offrent des vues spectaculaires, on aperçoit enfin l'entrée du village, accroché à la montagne. Lorsqu'on vient en voiture, on évite le parking de droite en arrivant : il est souvent bondé l'été. Nous préférons longer le village pour aller nous garer dans le parking du Pré des Pères, situé plus en profondeur. C'est beaucoup mieux, car on débouche directement tout proche du centre.

La Place de la Liberté et l'abbaye de Gellone

Le centre, c'est une place typique du Sud, la Place de la Liberté. C'est une carte postale vivante : un tabac, une église (ici l'abbaye), des cafés animés et quelques boutiques de produits régionaux et souvenirs. Sous la chaleur estivale, nous avons pris le temps de nous installer en terrasse pour profiter de l'air, à l'ombre de l'immense platane qui trône au milieu de la place. Moi, mon péché mignon ici, c'est le diabolo grenadine bien frais ! Ce mélange de limonade pétillante et de sirop, c'est pour moi le goût de l'été.

Après cette pause rafraîchissante, comme l'abbaye de Gellone était ouverte (elle est parfois fermée les jours d'office), nous avons eu la chance de visiter son cœur : le cloître. Dès qu'on passe la porte, le contraste est saisissant. C'est une cour fleurie, silencieuse, qui tranche avec l'agitation extérieure de la place. L'abbaye de Gellone est véritablement l'emblème de Saint-Guilhem. On prend le temps d'y faire un tour, d'admirer les colonnes sculptées et d'aller jusqu'à la fontaine au fond de la cour pour y jeter quelques pièces dans l'eau claire. Il paraît que cela porte chance.

Flânerie dans les ruelles médiévales

De retour sur la place, on hésite toujours : quelle ruelle prendre pour monter ? Le village est comme un labyrinthe de pierres claires. Avant de grimper, on flâne devant les magasins qui bordent la place centrale. Il y a cette boutique de minéraux et de pierres précieuses dont les trésors sont intrigants, scintillants sous les vitrines. Je me souviens y avoir déniché de magnifiques boucles d'oreilles en améthyste lors de mes premières années étudiantes à Montpellier. Juste à côté, un magasin de jouets en bois nous ramène en enfance. Il propose aussi de beaux ustensiles de cuisine faits de bois d'olivier, typiques de la région.

En remontant dans le village, on s'éloigne de la foule. On tombe sur diverses boutiques toutes très originales, vendant des produits locaux comme du nougat, des huiles essentielles, du fromage ou du saucisson. Au-dessus de la place centrale, il y a deux tables de pique-nique installées à l'ombre. C'est le moment idéal pour partager un casse-croûte, bercés par le chant des cigales et la visite d'un chat du quartier qui espère récupérer un morceau de jambon. Et pour le dessert ? Une glace, évidemment, achetée au glacier artisanal juste en bas de la placette.

En redescendant vers les gorges de l'Hérault, on croise des artisans fascinants qui font l'âme de ce village. Il y a ce monsieur qui fabrique des guitares et enceintes à partir de boîtes de conserve. C'est toujours aussi fascinant. Il y a aussi cette dame, qui fabrique des plantes de décoration dans des coquillages. Il y en a de différentes tailles. C'est magnifique.

Sur le chemin, on admire la façade iconique de l'abbaye de Gellone, avec en arrière-plan les montagnes rocailleuses de l'Hérault parsemées de végétation sèche. On prend le temps de faire de belles photos, pour immortaliser la journée. De là, on peut se faufiler dans les ruelles sur la droite pour rejoindre le ruisseau du Verdus qui descend de la montagne. C'est l'occasion de se rafraîchir un peu avec de l'eau de source. Sur la gauche, des impasses cachent des habitations, un style authentique du Sud de la France. La balade est douce et agréable, et on ne manque pas de faire chaque boutique une à une.

Je me dis toujours que c'est un endroit magnifique. En voyant les maisons de pierre à vendre, on effleure l'idée de s'y installer... avant de se rendre compte à quel point ce village est isolé. Pas de supermarché, des rues piétonnes impraticables en voiture : difficile d'imaginer le quotidien à l'année, surtout l'hiver. On sent que le village vit surtout pour les visiteurs, mais c'est toujours un plaisir d'y passer la journée. Après tout, ce n'est pas n'importe quel village : c'est une étape majeure des chemins de Saint-Jacques, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

On dit qu'un ermite vit encore dans les montagnes qui nous surplombent. Elles offrent de belles randonnées, mais la chaleur de l'été nous invite à privilégier la fraîcheur de la vallée. En bas du village, nous regagnons les bords de l'Hérault, en passant devant une pisciculture d'impressionnants esturgeons. On ne s'attend pas à trouver ici les poissons qui servent à produire du caviar, mais c'est pour le plus grand plaisir des amateurs de pêche comme l'est mon compagnon ! Il est possible de visiter les bassins puisqu'ils se situent dans le jardin d'un restaurant au bord de la rivière.

Le Pont du Diable et les gorges de l'Hérault

Pour finir la journée, deux options s'offrent à nous : la baignade ou la grotte. Nous aimons longer l'Hérault jusqu'au Pont du Diable pour se poser sur la plage de galets. Le sentier fait 3 kilomètres, alors par manque de temps et avec la fatigue, nous préférons souvent regagner la plage en voiture (5 minutes). Une journée à Saint-Guilhem sans un saut au Pont du Diable n'est pas complète. C'est un lieu chargé de légendes et d'histoire, où l'eau est d'un vert émeraude incroyable. De nombreux coins intimistes se trouvent le long de la rivière. Bien souvent des groupes de jeunes sont déjà installés dans ces endroits très connus du public, sur les rochers plats. Certains s'aventurent à sauter du Pont du Diable - c'est connu dans la région, mais cela devrait être réservé aux professionnels, car beaucoup y risquent leur vie. Si vous cherchez bien, en longeant la rive, il y a même ce qu'on appelle une "cascade parapluie". On peut l'apercevoir sur le chemin. De quoi profiter de l'endroit de manière beaucoup plus calme. La dernière fois nous avons pris un kayak pour faire une balade sur la rivière. L'été, les journées sont longues dans le Sud de la France alors on peut prolonger le plaisir avec un petit apéritif au bord de l'eau, les pieds dans les galets, en regardant le soleil décliner au rythme des ricochets.

Si vous n'êtes pas très baignade, la grotte de Clamouse reste également un bon moyen de se rafraîchir en période de fortes chaleurs! Elle se trouve sur le chemin entre le village et le Pont du Diable. Celle-ci est une véritable richesse géologique avec d'impressionnantes stalagmites et cristaux rares. Je me suis toujours dit que je voulais la visiter, mais difficile de tout faire en une seule journée : il y en a des choses à faire dans ce périmètre de trois kilomètres!

Cette fois, nous avions pris la voiture, mais quand on vient en transports, il faut parfois écourter le plaisir pour ne pas rater le bus retour, qu'on peut récupérer en haut du Pont du Diable pour revenir vers Montpellier en une quarantaine de minutes. Quoi qu'il en soit, une journée là-bas est toujours un bon moyen d'échapper à la fournaise de la ville, et de prendre un bon bol d'air frais.

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Naomi Moumouni Sabatini

Expert local