Pierre Phaneuf, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Toulouse, la ville rose. Mais pourquoi rose ? Ce n'est pas à cause de son appartenance politique (si vous êtes nés avant 2000, cette remarque fera sûrement sens pour vous), mais bien à cause de sa brique si particulière. On l'appelle “brique foraine”. Elle nous a été introduite par les Romains et a une couleur rose-orangé assez typique. Elle est originellement issue de la glaise de la Garonne.
On ne l'a pas toujours appelé comme ça, cependant. Au début du XXème siècle, on l'avait surnommée “ville rouge”, à cause de cette fameuse brique foraine. C'était peu enchanteur, alors en 1906, le terme de “ville rose” a été officiellement utilisé par les vendeurs de carte postale, à la place. 120 ans plus tard, le terme est entériné. De quoi en perdre un daltonien.

Benh LIEU SONG, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Mais oublions le débat des couleurs : la ville, ne serait-ce que par ses briques, a un charme indéniable. Le meilleur moment pour l'observer ? Un coucher de soleil de printemps ou d'été depuis les bords de la Garonne, dans le quartier de la Daurade. C'est là que la ville se pare de ses plus belles couleurs. Ou bien depuis les hauteurs de Pech David. Meilleur point de vue panoramique, qui vous permet aussi de prendre le téléphérique pour ajouter encore à votre expérience.
Alors que faire à Toulouse, hormis observer des briques?
Vous pouvez commencer par prendre le métro et vous arrêter à la station Capitole du métro. Tendez bien l'oreille, les indications sont données en Occitan et en Français. Vous verrez peut-être même les locaux répéter les stations en Occitan alors que la douce voix féminine fait ses annonces dans le haut-parleur.
De là, vous avez deux options : vous “perdre” dans les rues de la vieille ville ou prendre un guide qui vous racontera l'histoire de Toulouse et de son Comté, de la rue du Taur, la Basilique Saint Sernin, la place Saint Pierre, etc.. Si vous choisissez de faire sans guide, partez de la place du Capitole, ne manquez pas sa croix occitane et ses signes du Zodiaque, mais surtout ayez cette indication en tête : les plaques des noms de rue ont un système qui permet de s’orienter dans l'hypercentre sans avoir à sortir de GPS. Outre le fait qu'elles sont en Français et en Occitan, vous remarquerez qu’elles ont des couleurs : jaune ou blanc. Si la plaque est jaune, alors la rue est parallèle a la Garonne et les chiffres vont dans le sens de l'amont vers l'aval du fleuve. Si elle est blanche, alors la rue est perpendiculaire au fleuve et les chiffres partent de la Garonne (plus le chiffre est grand, plus vous vous éloignez de la Garonne).
Ne manquez pas de vous arrêter Chez Tonton, place Saint Pierre dans votre déambulation, le bar emblématique où nos parents et grands-parents se sont réunis depuis la première moitié du XXème siècle et si vous aimez ça, demandez un Pastis Ô Maître, puis ensuite de vous balader sur les bords de Garonne, rive gauche, vers la “Prairie des Filtres”, puis de bifurquer vers Esquirol, pour voir l'hôtel d'Assézat et ses vitraux originaux, ensuite vers les Carmes pour le marché, en passant par la place de la Trinité.
Continuez ensuite vers le Palais de Justice et remontez les allées Jules Guesde pour visiter le musée d'Histoire naturelle (avec souvent des expositions temporaires et des animations pour petits et grands) et prendre le temps de vous poser dans le Jardin des Plantes, de traverser les ponts, d'observer les oiseaux, voire de jouer aux jeux des canards. En rentrant sur Capitole, perdez-vous dans les boutiques de la rue Alsace-Lorraine ou arrêtez-vous au musée des Augustins afin de passer un moment hors du temps dans le cloître entre deux salles d'expositions de peintures. De là, cherchez le glacier “Sorbet d'Amour” qui est en place depuis 1935 et vous proposera un panel de sorbets et crèmes glacées originaux et si variés qu'il est impossible que vous n'y trouviez pas votre bonheur. Si vous avez un peu de chance, peut-être que vous assisterez même à une petite joute verbale et amicale entre les patrons du glacier et du bar d'en face, le tout sur un fond d'accent du sud chantant.

Musée des Augustins, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Si Toulouse ne vous a pas déjà enchantée sur la journée, attendez le soir, notamment à la fin du printemps et durant l'été. Le quartier de la Daurade s'anime, il y a une guinguette et des jeux pour les enfants, dont l'histoire est un peu atypique. Les mercredis, il y a des cours géants de salsa avec une soirée dansante. Tous niveaux bienvenus. Dans la rue des Blanches, vous trouverez plein de petits restaurants de diverses influences qui sauront ravir vos papilles. Si vous voulez manger de bonnes tapas et danser, je vous conseille fortement La Tantina ou le Borriquito Loco. Vous comprendrez le sens de la fête à Toulouse. Si vous êtes plus électro et techno, faites un tour au Bikini à Ramonville.
Si vous venez en juin, ne manquez pas le festival Rio Loco créé en 1995 par notre chanteur adoré et préféré : Claude Nougaro. C'est un festival qui ravit petits et grands et s'étend sur toute la Prairie des Filtres avec diverses scènes qui mettent à l'honneur des artistes étrangers, selon un thème.
Si vous venez début juillet, vous pourrez voir en journée un tournoi de water rugby (où les joueurs se jettent dans la Garonne pour marquer des essais) - notre sport national avec un peu plus de fun. Vous pourrez aussi prolonger la journée en soirée, dans une ambiance très troisième mi-temps.
Toulouse en décembre se pare des couleurs de Noël et il ne faut surtout pas manquer notre marché de Noël avec ses plats typiques du Sud-Ouest : aligot, truffade et tout ce que l'on a pu emprunter aux régions. C'est l'occasion aussi d'y découvrir nos artisans et producteurs locaux qui sauront vous enchanter par leur bonhomie et leurs bons produits.
En automne (généralement autour de la Toussaint), venez assister à la foire de la Colombette, dans le quartier Saint-Aubin, vous y trouverez des stands d'artisans et créateurs locaux, ainsi que des animations, le tout dans une ambiance de village festif.
L'hiver, c'est le meilleur moment aussi pour aller tester le cassoulet de Chez Emile, place Saint George, qui est une référence pour nous. Et si vous cherchez un bistrot à l'ancienne, essayez le Pyrénéen, à la sortie du métro Jean Jaurès. Le restaurant a ouvert en 1925 et l'intérieur est conservé d'origine. La nourriture et le service y sont de très bonnes qualités - attention, c'est sans réservation, alors allez-y tôt, car le restaurant ne désemplit pas midi ou soir.
Et si vous aimez la science, voici trois musées : Aeroscopia, sur l'histoire de l'aviation et d'Airbus, la Cité de l'Espace pour comprendre au mieux notre univers et le ciel. Dans la grande réplique de la fusée Ariane, vous trouverez un espace ludique pour les petits, pendant que les adultes peuvent aller tester ce que ça fait d'être coincé sous quelques G. Enfin, la Halle des Machines et son minotaure géant sur lequel vous pouvez monter vous feront découvrir comment on mêle art et machine.

Frédéric Neupont, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Toulouse a de multiples facettes, une vie du Sud où on vit dehors et on se retrouve pour échanger, danser, s'amuser, tout en se cultivant. Des salles de spectacles comme les 3T offrent des pièces de théâtre, mais aussi des soirées de stand-up comedy. Le tout dans une atmosphère chaleureuse et vivante d'un grand village. Et le petit bonus : notre Ville Rose donne facilement accès au reste de la région en train, en bus ou en voiture.